Okhen Du’When Atakiak
Ma
grand-mère a parlée
«
Grand-mère, où allons-nous dès maintenant? »
Cette
performance, exécutée par une interprète Wendat, met en scène la
reconstruction d’un monde à travers la fabrication
d’une sculpture issue d’un projet participatif.
À partir de l’organisation de l’espace dans un lieu
muséal, cette performance invite d’abord le public à
découvrir l’histoire entourant le choc de la cohabitation
entre les autochtones et les différentes nations qui ont participés
au développement de notre territoire.
Cette performance revisite une légende en proposant comme repère,
l’inukshuk qui se construit.
Elle permet aux spectateurs d’osciller constamment entre leur
propre conception des mythes et celle d’une transgression.
Celle-ci se veut le point commun d’ancrage de toutes les
cultures à un moment précis de l’histoire ou les humains
doivent s’interroger pour répondre à la question : À
partir d'ici où allons nous?
Pour provoquer ce questionnement, la performance utilise des
masques amérindiens en associant ceux-ci à un des éléments
d’une combinaison protectrice, tel que peut l’être le
casque du scaphandrier qui évolue lui aussi dans un univers étrange
et non familier. Ne sommes-nous pas, nous aussi, perdus face aux
menaces d’un monde qui rationalise tous les ostracismes,
toutes les divisions pour arriver à sa fin.
Le personnage cherchera à rétablir l’équilibre afin de faire
renaître le monde des humains. C’est par les pierres
qu’il empile, une à une, illustrant ainsi la fragilité des
rapports entre humains, qu'il nous indique la chemin, à l'intérieur
des quatre dimensions de notre univers, de l’art de vivre au
sein du cercle de la vie.
Quatre espaces circulaires pour quatre directions, quatre couleurs,
quatre univers : végétal, animal, minéral et magique. Les
esprits doivent y chevaucher afin de retrouver les restes de leurs
âmes.
Comme toutes les oeuvres précédentes de Sylvie-Anne Siouï Trudel
Okwen Du’Wen Atakiak se situe dans une sorte de délinquance
théâtrale. Le rapport entre la poésie, la sculpture, la performance
et le chaos de la recherche. Cette création mélange le
cérébral de la gestuelle decrousienne et le viscéral des masques.
Le sens du spectacle se construit graduellement grâce à la
complicité des acteurs et des spectateurs, dans un climat à la fois
provocateur et cérémonial.